Contrairement aux idées reçues, toutes les chaussures professionnelles ne sont pas des chaussures de sécurité. La chaussure de travail constitue une catégorie d’EPI à part entière, définie par la norme EN ISO 20347. Son rôle n’est pas de protéger contre l’écrasement ou la chute d’objets lourds, mais de répondre à des exigences de confort, d’adhérence et de protection contre des risques spécifiques liés à l’environnement de travail. (Voir aussi notre article Chaussures de sécurité, de protection ou de travail : quelles différences ?)
La distinction majeure : l’absence d’embout
La caractéristique fondamentale qui définit la chaussure de travail est qu’elle ne possède pas d’embout de protection contre les chocs et l’écrasement. Elle est identifiable par le symbole « O » (pour Occupational), alors que les chaussures de sécurité portent le symbole « S ».
Classification des matériaux et types
Selon les sources, les chaussures de travail se répartissent en deux classes principales :
- Classe I : Chaussures en cuir et autres matériaux (hors tout caoutchouc ou tout polymère).
- Classe II : Chaussures tout polymère (caoutchouc ou PVC vulcanisé/moulé), naturellement étanches.
- Hybrides : Combinaison des deux classes précédentes.
Les niveaux de protection (Catégories)
La norme EN ISO 20347 propose plusieurs niveaux de protection, allant du niveau de base (OB) aux niveaux les plus complets (O1 à O7).
| Classe | Niveau | Exigences fondamentales (OB) | Talon fermé | Antistatique (A) | Absorption d’énergie (E) | Tige Hydrofuge (WPA) | Anti-perforation (P/PL/PS) | Étanchéité totale (WR) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Classe I (Cuir et autres) | O1 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | – | – | – |
| O2 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | – | – | |
| O3 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | – | |
| O6 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | – | ✓ | |
| O7 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | |
| Classe II (Tout polymère) | O4 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | Intrinsèque | – | Intrinsèque |
| O5 | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | Intrinsèque | ✓ | Intrinsèque |
Note importante : La résistance au glissement (SR) n’apparaît pas comme une colonne car elle fait désormais partie des exigences fondamentales (OB) et est donc incluse par défaut dans tous les niveaux cités.
4. Exigences fondamentales et additionnelles
Les exigences de base (OB)
Toute chaussure certifiée EN ISO 20347 doit satisfaire au niveau minimal OB, qui garantit :
- Une résistance à l’abrasion, à la déchirure et à la flexion.
- Une perméabilité à la vapeur d’eau (respirabilité).
- Une résistance au glissement, testée selon la norme EN 13287 (notée SRA, SRB ou SRC).
Les protections spécifiques (Marquages additionnels)
Des options peuvent être ajoutées selon les besoins du poste :
- P / PL / PS : Résistance à la perforation. Le marquage P désigne un insert métallique, tandis que PL et PS désignent des inserts non-métalliques testés avec des pointes de diamètres différents (4,5 mm pour PL, 3 mm pour PS).
- A : Propriétés antistatiques.
- E : Absorption d’énergie au talon (minimum 20 Joules).
- FO : Résistance de la semelle aux hydrocarbures.
- CI / HI : Isolation contre le froid ou la chaleur.
- WR / WPA : Résistance à l’eau (WR pour la chaussure entière, WPA pour la tige).
5. Utilisation et Entretien
Pour garantir l’efficacité de cet EPI, les sources recommandent un entretien rigoureux :
- Hygiène : Privilégier une attribution individuelle et changer de chaussures si elles sont détrempées pour éviter les mycoses.
- Séchage : Ne jamais placer les chaussures trop près d’une source de chaleur vive, ce qui fragiliserait les matériaux.
- Contrôle visuel : Vérifier l’usure de la semelle (crampons) et l’intégrité de la tige avant chaque port. Un décollement de la semelle supérieur à 15 mm de long ou une réduction trop forte de la hauteur des crampons doit entraîner le remplacement.
En conclusion, la chaussure de travail EN ISO 20347 est l’équipement idéal pour les métiers de la santé, de la restauration ou du nettoyage, où le risque majeur n’est pas la chute d’objets mais la glissade et la fatigue liée à la station debout prolongée.
